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Découverte au sein du laboratoire du développement et plasticité du cerveau neuroendocrine (© Cimino et al, Nature Communications, 2016)

 

Découverte au sein du laboratoire du développement et plasticité du cerveau neuroendocrine (© Cimino et al, Nature Communications, 2016)

 

Novel Role for Anti-Müllerian Hormone in the Regulation of GnRH Neuron Excitability and Hormone Secretion

Irene Cimino, Filippo Casoni, Xinhuai Liu, Andrea Messina, Jyoti Parkash, Soazik P Jamin, Sophie Catteau-Jonard, Francis Collier, Marc Baroncini, Didier Dewailly, Pascal Pigny, Mel Prescott, Rebecca Campbell, Allan E Herbison, Vincent Prevot, Paolo Giacobini

Nature Communications 2016 DOI: 10.1038/ncomms10055.

Chez les mammifères, la reproduction dépend de neurones spécifiques qui sécrètent le neuropeptide GnRH (Gonadotropin Releasing Hormone). Ces cellules naissent lors de l’embryogenèse dans le nez et migrent dans l'hypothalamus le long des nerfs olfactifs voméro-nasaux pour devenir les pilots de l'axe hypothalamo-hypophyso-gonadique. Un certain nombre de pathologies de la reproduction humaine est associé à la perturbation de la migration des cellules à GnRH ou de la sécrétion de leur neurohormone. Parmis les pathologies affectant la fertilité, le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est le plus frequent. Le SOPK touche près de 10 % des femmes en âge de procréer. Le SOPK se caractérise par une augmentation inhabituelle de la production d’androgènes (hormones mâles) dans les ovaires, ce qui perturbe la production d’ ovocytes et est associée à une ovulation sporadique ou à une absence d’ovulation, et à une morphologie ovarienne polykystique. De plus, un pourcentage élevé de femmes atteintes de SOPK est obèse ce qui accentue le risque de diabète de type 2 et de troubles cardiovasculaires.

Les traitements de l'infertilité des femmes SOPK ont un succès aléatoire et limité. L’identification de traitements alternatifs plus efficaces est donc nécessaire.

Chez les patientes atteintes du SOPK, les niveaux d'hormone antimüllérienne (AMH), qui participe à la bonne régulation des fonctions ovariennes, sont anormalment élevés, tout comme les taux des hormones gonadotropes telle que la LH hypophysaire, ce qui incite l’ovaire à produire trop d’androgènes. La sécrétion de LH est controllée par la GnRH. Toutefois, jusqu'à present, cette maladie a été considérée principalement comme une pathologie gonadique et des derégulations possibles au niveau du système nerveux central ou des interactions entre ovaires et hypothalamus n'ont pas été envisagées. Notemment, un possible effet extra-ovariens de l'AMH sur l'axe hypothalamo-hypophyso-gonadique n’a jamais été étudié.

L’équipe de recherche dirigée par le Dr. Paolo Giacobini (Laboratoire du développement et plasticité du cerveau neuroendocrine, Centre de Recherche Jean Pierre Aubert, Inserm UMR-S 1172, Lille) en collaboration avec celle du Professeur Allan Herbison (University of Otago School of Medical Sciences, Dunedin, New Zealand) vient de découvrir qu’une proportion importante des neurones à GnRH, chez la souris et l’homme, exprime le récepteur à l’AMH et que, chez les rongeurs, l’AMH est capable d’activer de façon très puissante ces neurones. L’utilisation de modèles murins et des cultures cellulaires ont montré que l’AMH augmente la sécrétion de la GnRH et par conséquence celle de la LH et révéle ainsi un lien inédit entre les taux circulants d'AMH et les hormones hypothalamo-hypophysaires liés au contrôle de la reproduction.

Ce travail suggère que la régulation de la sécrétion de la GnRH, dependante de l’AMH, peut être impliqué dans la physiopathologie de la fertilité humaine et que des molécules ciblant cette interaction pourraient permettre de développer des outils thérapeutiques pour l’une des causes majeures d’infertilité chez la femme.

 

Représentation schématique du mécanisme d’action proposé de l’AMH sur les neurones à GnRH des femmes à ovaire normal et des femmes avec un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). E2, oestrogènes ; T, Testostérone.